Des élèves aux personnes atteintes de traumatisme(s) crâniens(s) …… au NOUS

April 3, 2018

Pendant que certains élèves du lycée professionnel tentaient de devenir bilingues à Oxford, les jeunes restés au lycée de 1er et Terminale ASSP ont reçu  5 invités venant du Centre d’Accueil de Jour (CAJ) de Bordeaux. Celui –ci   reçoit à la journée des personnes souffrant de séquelles de  traumatismes crâniens et ou de lésions cérébrales entraînés par un accident « le casque est parti avant moi »  nous dit A[i] suivi d’une longue période de coma.  Ces visiteurs étaient accompagnés par V. aide médico psychologique.

Cette rencontre a débuté par l’élaboration d’un gâteau au chocolat guidée par   Mme Nyamba (enseignante). Cette activité a demandé aux élèves d’exercer des compétences acquises pendant leur formation, élaborer une collation,  s’adapter aux difficultés de chacun de nos invités (hémiplégie, aphasie, trouble de la mémoire immédiate) et   à consolider la notion d’accompagnement qui est « de faire avec » et non « à la place de ». Ensuite nous avons partagé un repas, où l’humour et la bonne humeur se sont invités.

 L’après midi s’est organisé  en deux temps ; le premier a concerné la présentation du CAJ et le parcours professionnel  de V. afin d’approfondir la connaissance du monde professionnel  et de public fragile auprès de nos jeunes.

Le second temps s’est déroulé autour d’un échange  sur la situation de handicap, de leur vécu  au quotidien, du vécu avec  les professionnels intervenant à leur domicile  « il faut tout réapprendre, manger, parler, marcher » «  il y a la colère d’abord après l’acceptation », précise K. « j’oublie tout à mesure, si je dois aller quelque part, sur le chemin j’oublie ou je dois aller » intervient A. « j’ai un grand tableau avec pleins de post-it pour me rappeler ce que je dois faire » nous dit K « ca m’énerve quand elle (l’auxiliaire) rentre dans ma chambre sans frapper et qu’elle décide comment ranger mon armoire » formule A. « l’auxiliaire pose trop de question sur ma vie » énonce K. « c’est jamais la même (auxiliaire), c’est gonflant, c’est moi qui doit m’adapter » exprime A. Ces échanges ont permis de faire le lien avec les enseignements de sciences médico-sociales, d’enseignement moral et civique à travers les situations discriminatoires que peuvent vivre au quotidien  les personnes en situation de handicap.

Après le départ de nos convives les élèves ont pu exprimer leur ressenti, « enrichissant, notre 1er regard entraine un jugement et puis tout cela se modifie au cours de la rencontre » Amélie,  « que de souvenirs » Pauline,  « riche en émotions » Chloé « c’est sur je veux travailler avec eux » Mathilde.

 

Si une certaine appréhension exprimée par nos élèves ont précédé cette rencontre ; « comment on se comporte ? » « Que faut-il dire ou ne pas dire ? ». Il est évident que le handicap visible nous renvoie à nous même, à nos propres peurs. Elles ont pris conscience qu’il n’y avait pas de bonnes/mauvaises/ou gênantes questions à partir du moment où elles  ont considéré  la personne avant son  handicap, en d’autres termes que l’on ne réduit pas l’Autre à son handicap ou à l’une de ses spécificités.

 

De son côté, la professionnelle a fait un bilan avec nos invités :

  « Elles (les élèves) ont été à l’écoute », « Elles ont été respectueuses et pas trop curieuses »

« C’était bien », « on veut continuer » « si on peut les aider », « c’est bien mais Grrrrr j’oublie tout ».

Malgré la mémoire défaillante  de A.iln’a pas oublié son humour en nous disant

«  Banane ça commence par un B mais normalement ça commence par un N »

 

L’équipe ASSP

 

 

 

 

[i] Pour des raisons de secret professionnel, nos invités seront nommés par une lettre aléatoire

 

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